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Reporter la SV à 70 ans : l'argument que trop peu de conseillers présentent clairement

La plupart des clients reçoivent la Sécurité de la vieillesse à 65 ans sans vraiment y réfléchir. Elle arrive, ils la prennent. Pourtant, pour une part croissante de clients en bonne santé, encore au travail ou avec un revenu imposable élevé à la mi-soixantaine, reporter la SV jusqu'à 70 ans est l'une des stratégies offrant le meilleur rendement ajusté au risque disponible — et elle est systématiquement sous-utilisée.

Voici pourquoi c'est problématique, et comment présenter cet argument clairement.

Les chiffres sont plus convaincants que la plupart des clients ne le croient

La SV augmente de 0,6 % pour chaque mois de report après 65 ans, jusqu'à l'âge de 70 ans. Cela représente une augmentation permanente de 36 % en cas d'attente complète.

En 2026, le montant mensuel maximal de la SV à 65 ans est d'environ 727 $. Reporté à 70 ans, ce montant atteint environ 988 $/mois — une différence de 261 $/mois, ou 3 132 $/an, à vie.

Le point d'équilibre — là où le revenu cumulatif du report dépasse celui d'une entrée en vigueur à 65 ans — se situe généralement entre 81 et 83 ans, selon la situation fiscale du client. Or, l'espérance de vie d'un Canadien en bonne santé à 65 ans dépasse aujourd'hui 86 ans pour les femmes et 83 ans pour les hommes. Le seuil de rentabilité est donc bien à la portée de la majorité des clients.

L'angle fiscal que beaucoup de conseillers omettent

C'est là que la stratégie devient vraiment intéressante : le report de la SV n'est pas seulement une question de remplacement du revenu. C'est aussi une stratégie fiscale.

Pour les clients qui travaillent encore à 65 ans, qui effectuent des retraits de comptes enregistrés ou qui touchent d'autres revenus de retraite, l'ajout de la SV peut faire dépasser le seuil de récupération (environ 90 997 $ en 2026). Une fois le revenu net au-delà de ce seuil, la SV est récupérée à raison de 15 cents par dollar — chaque dollar de SV ne vaut donc réellement que 0,85 $ avant les autres impôts.

Reporter la SV pendant les années à revenus élevés, puis la percevoir plus tard, lorsque les retraits du FERR ou les revenus d'emploi ont diminué, permet de conserver une plus grande part de la prestation.

Quand le report est le plus avantageux

Le report est particulièrement judicieux lorsqu'un client répond à l'un ou plusieurs de ces critères :

Il travaille encore à 65 ans. L'ajout de la SV au revenu d'emploi risque de déclencher une récupération partielle ou totale. Attendre la retraite permet d'en conserver davantage.

Il détient des REER ou FERR importants. Les clients qui doivent décaisser des comptes enregistrés importants à la fin de la soixantaine peuvent se retrouver avec un revenu élevé pendant ces années. Cumuler la SV dans ce contexte amplifie le fardeau fiscal.

Il est en bonne santé et sa famille vit longtemps. Plus le client vivra longtemps, plus le report est rentable. Un client dont les parents ont vécu jusqu'à 94 ans est un candidat de choix.

Le revenu de transition est possible. La principale objection au report est : « J'ai besoin de ce revenu. » Mais si le client dispose d'économies non enregistrées, de droits de cotisation au CELI ou du revenu de son conjoint pour combler les cinq années, cette objection perd de sa force. Modéliser un scénario de transition est une conversation de cinq minutes qui en vaut vraiment la peine.

Quand le report n'a pas de sens

Le report n'est pas toujours la bonne décision. Les clients en mauvaise santé, avec une espérance de vie limitée ou qui ont réellement besoin du revenu à 65 ans ne devraient pas reporter. Les clients dont les autres revenus sont déjà importants pourraient aussi trouver que le seuil de rentabilité est trop lointain pour être significatif.

L'essentiel, c'est que cette décision fasse l'objet d'une conversation active et documentée — et non d'un choix par défaut.

Comment présenter cet argument en rencontre client

La façon la plus efficace de défendre cette stratégie est visuelle : montrer deux courbes de revenus à vie côte à côte. L'une commence la SV à 65 ans, l'autre à 70 ans. Marquer le point d'équilibre, puis l'espérance de vie estimée du client.

Lorsque les clients voient ce croisement — et réalisent qu'ils ont probablement 15 à 20 ans de vie au-delà — la décision devient généralement évidente. Ce qui semblait être un pourcentage abstrait devient de l'argent concret sur un graphique qu'ils peuvent montrer du doigt.

Les outils qui projettent ce scénario en temps réel, pendant la rencontre, améliorent considérablement la compréhension et la qualité des décisions. Les présentations PDF préparées la veille capturent rarement les nuances de la situation réelle du client. La capacité d'ajuster les hypothèses à la volée — santé, revenus, actifs de transition — est ce qui distingue une recommandation convaincante d'une recommandation générique.

Le rôle du conseiller

La décision de reporter la SV est l'un des exemples les plus clairs où les conseils d'un planificateur créent une valeur mesurable et durable. Une augmentation permanente de 36 % d'une prestation gouvernementale garantie et indexée à l'inflation, pour un client qui n'a pas besoin du revenu maintenant, n'est pas une recommandation difficile à défendre. Ce qui la rend difficile, c'est l'inertie du choix par défaut.

Présentez l'argument. Montrez les chiffres. Laissez le client décider en toute connaissance de cause.

C'est ça, le rôle du conseiller.


PlanBase modélise automatiquement les scénarios de report de la SV dans chaque projection de retraite, incluant les stratégies de retrait transitoire et l'analyse de la récupération.

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