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Comment évaluer un logiciel de planification financière au Canada

La plupart des évaluations de logiciels se déroulent de la même façon. Vous assistez à trois démonstrations, vous comparez trois listes de fonctionnalités, et vous choisissez celle qui vous a le mieux inspiré confiance. Six mois plus tard, vous découvrez que l’élément qui comptait vraiment pour votre pratique ne figurait sur aucune des trois listes.

Le problème, c’est que les listes de fonctionnalités sont rédigées par les fournisseurs, et que chacune est conçue pour donner l’impression que le produit est complet. Une meilleure approche consiste à apporter vos propres critères, tirés du travail que vous faites réellement, et à évaluer chaque plateforme en fonction de ceux-ci.

Voici une méthode qui fait ressortir les différences qui comptent pour une clientèle canadienne.

Commencez par vos trois dossiers les plus difficiles

Avant même de regarder un logiciel, sortez les trois dossiers clients que vous trouvez les plus difficiles à modéliser. Pas votre client type. Ceux pour lesquels vous avez dû retourner au tableur parce que l’outil ne suivait pas la situation.

Pour la plupart des conseillers canadiens, cette liste comprend un propriétaire d’entreprise incorporé avec une société de portefeuille, un client détenant des actifs dans plus d’une province, et un couple dont les dates de retraite diffèrent avec un régime de retraite d’un seul côté. Apportez ces trois dossiers à chaque démonstration et demandez au fournisseur de les modéliser en direct.

Une démonstration qui ne fonctionne que sur un client hypothétique et bien rangé ne vous apprend rien sur votre mardi après-midi.

Vérifiez l’exactitude au palier provincial, pas fédéral

Les règles fédérales sont la partie facile. Toutes les plateformes vendues au Canada gèrent les droits de cotisation REER et les taux marginaux fédéraux. Les différences apparaissent un palier plus bas.

L’homologation est le test le plus révélateur. L’homologation relève des provinces, les taux et les structures varient considérablement de l’une à l’autre, et certaines provinces ne la perçoivent pas sous la même forme. Demandez à la plateforme de produire une projection successorale pour un client en Ontario, puis pour le même client en Alberta, puis au Québec. Si le montant ne bouge pas, ou si l’outil vous demande de saisir vous-même les frais d’homologation, vous venez d’apprendre quelque chose d’important sur la profondeur de la modélisation canadienne.

Appliquez le même test aux paliers d’imposition provinciaux, aux crédits provinciaux, et au traitement d’un client qui change de province en cours de projection.

Demandez ce qui arrive à un client incorporé

Le propriétaire d’entreprise incorporé est l’endroit où la planification canadienne devient véritablement complexe, et où l’écart entre les plateformes est le plus large.

Demandez précisément : l’outil peut-il modéliser la combinaison salaire et dividendes, la déduction accordée aux petites entreprises, le revenu de placement de la société et les comptes d’impôt remboursable associés, une société de portefeuille en parallèle de la société opérante, et la liquidation ou la vente éventuelle ? Peut-il montrer l’écart entre verser un dividende maintenant et le reporter ?

Plusieurs plateformes modéliseront un propriétaire d’entreprise comme une personne au revenu plus élevé. Ce n’est pas la même chose, et les clients de ce segment connaissent généralement la différence.

Retracez un seul chiffre du début à la fin

C’est le test que la plupart des conseillers sautent, et c’est celui qui vous protège lors d’une revue de conformité.

Choisissez n’importe quel chiffre dans le résultat, idéalement quelque chose en aval comme le revenu après impôt de la 18e année, et demandez au fournisseur de vous montrer d’où il vient. Remontez jusqu’aux hypothèses qui l’ont produit. Voyez-vous le taux marginal appliqué cette année-là ? L’hypothèse d’indexation ? L’ordre de décaissement ?

Vous vérifiez deux choses. D’abord, si la plateforme est capable de s’expliquer. Ensuite, si l’explication est cohérente, c’est-à-dire si les mêmes données produisent le même chiffre dans la projection, dans le graphique à l’écran et dans le rapport imprimé. Un chiffre qui change selon l’endroit où vous le regardez est un chiffre que vous ne pourrez défendre ni devant un client ni devant un régulateur.

Regardez ce que le client reçoit réellement

Les conseillers évaluent un logiciel en regardant l’écran du conseiller. Les clients ne voient jamais cet écran. Ils voient le rapport.

Lisez le résultat comme le ferait un client. Est-il compréhensible pour quelqu’un sans formation en planification ? Explique-t-il la recommandation, ou se contente-t-il de présenter les calculs ? Combien de temps faut-il pour le produire, et combien de retouches manuelles exige-t-il avant que vous acceptiez de l’envoyer ?

Si vous servez une clientèle francophone, c’est aussi ici que vous découvrez si le français est réel ou cosmétique. Produire l’interface en français n’est pas la même chose que produire le plan en français. Vérifiez que le document destiné au client respecte les conventions fr-CA d’un bout à l’autre, y compris le formatage des nombres et des devises, qui diffère de la convention anglaise. Un rapport qui écrit 133 000 $ à l’anglaise indique à un client francophone que la version française est une couche de traduction plutôt qu’un livrable de premier ordre.

Comprenez le modèle de tarification, pas seulement le prix

Deux plateformes au même tarif mensuel peuvent produire des factures annuelles très différentes, et surtout, des comportements très différents.

Demandez si la facturation se fait par licence ou par plan, si les révisions coûtent un supplément, s’il y a des frais pour des scénarios additionnels, et ce qui se passe quand vous ajoutez un conseiller ou un adjoint. Demandez à quoi ressemble le renouvellement et si le tarif est garanti.

L’aspect comportemental compte plus que l’arithmétique. Si chaque plan ou chaque révision entraîne un coût supplémentaire, vous les rationnerez inconsciemment. Les conseillers facturés par plan ont tendance à mettre les plans à jour moins souvent, à explorer moins de scénarios, et à hésiter avant de refaire une projection quand la situation d’un client change. C’est un coût réel pour la qualité de vos conseils, et il n’apparaît jamais sur la facture.

Testez la sortie avant de vous engager

Posez deux questions que les fournisseurs entendent rarement en première rencontre.

Comment mes données clients existantes entrent-elles ? Et si je pars dans trois ans, qu’est-ce que j’emporte ?

La capacité d’importation détermine si la plateforme est utilisable au premier mois ou au sixième. La capacité d’exportation détermine si vous êtes un client ou un otage. Demandez le format d’exportation précis, et demandez s’il inclut les hypothèses sous-jacentes ou seulement le résultat final.

Une méthode d’essai concrète

Si la plateforme offre un essai, utilisez-le de façon délibérée plutôt que de le survoler.

Modélisez vos trois dossiers difficiles. Produisez un rapport complet prêt pour le client à partir de l’un d’eux et lisez-le au complet. Retracez un chiffre en aval jusqu’à ses hypothèses. Si vous servez une clientèle francophone, produisez le même rapport en français et lisez-le aussi. Ajoutez un deuxième utilisateur si votre cabinet en compte un. Puis exportez le tout.

Deux heures structurées de cette façon vous en apprendront plus que quatre démonstrations.

La question de fond

Chacun de ces tests pose au fond la même question : cette plateforme comprend-elle le pays où vous exercez, et peut-elle montrer son travail ?

La planification canadienne n’est pas la planification américaine avec d’autres acronymes. Les provinces diffèrent entre elles d’une manière qui change concrètement les résultats des clients, environ un quart du pays reçoit des conseils en français, et le propriétaire d’entreprise incorporé est ici un client courant plutôt qu’un cas d’exception. Une plateforme qui traite l’un de ces éléments comme une considération secondaire finira par vous renvoyer au tableur.

Apportez vos propres critères. Testez avec votre propre clientèle. Demandez à voir le travail.


PlanBase est conçu pour la pratique canadienne : modélisation au palier provincial, rapports clients en français et en anglais à partir du même plan, et chaque chiffre retraçable jusqu’au moteur qui l’a produit.

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